Unicancer au SABCS 2025 : le cancer du sein dans le viseur
Lame d'histologie - sein
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« Pour Unicancer, c’est l’occasion de démontrer la vitalité de la recherche menée dans les CLCC, mais aussi de nouer et renforcer des collaborations avec les plus grands centres mondiaux. Nous y portons une image forte de la recherche française : collaborative, innovante et structurée », explique dans un communiqué Sophie Beaupère, déléguée générale d’Unicancer. Parmi les moments clés pour le groupe, la Pre Frédérique Penault-Llorca, vice-Présidente d’Unicancer et directrice générale du Centre Jean Perrin, cite l’étude Ambre ainsi que les programmes Cambo et Esme.
Résultats de l’étude Ambre
Mené par le French Breast Cancer InterGroup Unicancer (UCBG), Ambre est un essai de phase 3 particulièrement important. Il compare deux traitements standards – la chimiothérapie et l’association d’une hormonothérapie avec un inhibiteur de CDK4/6 (abémaciclib) – en tant que traitement métastatique initial chez des patientes atteintes d’un cancer du sein ER+/HER2- présentant des métastases viscérales et une maladie à charge élevée. Ce sont des situations où les choix thérapeutiques sont cruciaux et parfois limités. « Les résultats de l’étude, dévoilés lors du congrès sous forme de Late Breaking Abstract, pourraient éclairer de futurs positionnements thérapeutiques. Ils montrent que la progression de la maladie est retardée avec l’association hormonothérapie + inhibiteur (13,9 mois de survie sans progression) par rapport à la chimiothérapie (7 mois), détaille Frédérique Penault-Llorca. La réponse est aussi plus durable et aucun nouvel effet indésirable n’a été détecté. Ces résultats soutiennent l’utilisation de ce traitement comme option standard. Cette innovation thérapeutique est un pas décisif vers un changement des pratiques cliniques en cas de cancer du sein métastatique. »
Programmes Canto et Esme
Avec Canto, plus de 12 000 patientes ayant eu un cancer du sein localisé ont été suivies sur le long terme, ce qui permet notamment de mieux comprendre les effets tardifs des traitements ou les rechutes. « Par exemple, un poster a présenté l’analyse des bénéfices de la chirurgie axillaire ciblée après une chimiothérapie néoadjuvante chez les patientes atteintes d’un cancer du sein précoce, un autre les facteurs de rechute précoce ou tardive dans les cancers triple négatifs », précise Sophie Beaupère.
Avec Esme, est documenté de manière unique ce qui se passe dans la vraie vie : l’efficacité des traitements ciblés, les raisons des changements de thérapie, les profils qui répondent le mieux à certaines approches. Les six posters présentés par Unicancer lors du symposium couvraient un spectre particulièrement riche :
- 5 ans de données sur l’efficacité de l’inhibiteur de CDK4/6 palbociclib couplé à l’hormonothérapie, montrant une survie et une durée de traitement comparables aux essais randomisés à condition de bien choisir les intervalles sans traitement.
- Les effets d’une thérapie ciblée, à base d’inhibiteurs de PARP, chez des patientes porteuses d’une mutation — héréditaire (PALB2 germinale) ou acquise (BRCA1/BRCA2 somatique) — qui rend les cellules cancéreuses plus dépendantes de l’enzyme PARP pour survivre.
- Les difficultés d’inclusion en essais cliniques pour les cancers lobulaires métastatiques qui sont rarement éligibles (du fait de leur morphologie diffuse qui rend les tumeurs non mesurables) alors qu’ils représentent 10 à 15 % de l’ensemble des cancers du sein.
- L’intérêt d’un changement d’inhibiteur de CDK4/6 en cas de toxicité ou après progression sans perte de chance.
- La reproductibilité en vie réelle des données du bras standard de l’essai clinique PATINA montrant l’efficacité de l’ajout d’un inhibiteur de CDK4/6 au traitement d’entretien standard, permettant d’allonger le temps avant progression de la maladie.



