Une nouvelle technologie pour suivre le traitement du cancer

par | 20 août 2025

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Une nouvelle technologie de microscoscopie optoacoustique permet de suivre la réponse au traitement du cancer au niveau des cellules individuelles. Elle a été mise au point par des chercheurs allemands.

 « En détectant le mauvais repliement des protéines, un indicateur clé de la réponse au traitement du myélome, MiROM offre une approche plus rapide et plus précise pour personnaliser le traitement des patients atteints de myélome multiple », indique un article scientifique publié en juillet 2025 dans Nature Biomedical Engineering. Le myélome multiple, cancer du sang qui affecte les plasmocytes de la moelle osseuse, entraîne de fait une production anormale de protéines, ainsi qu’un affaiblissement du système immunitaire et des lésions organiques.

La MirOM s’avère être une technologie de microscopie optoacoustique dans l’infrarouge moyen (MiROM). Ce sont des chercheurs de Helmholtz Munich et de l’Université technique de Munich qui ont créé cette nouvelle méthode permettant de suivre la réponse au traitement du cancer au niveau des cellules individuelles. L’intérêt ? Plus besoin d’avoir recours à des colorants ou à des marqueurs.

Détecter les vibrations moléculaires

Ainsi, cette technologie permet de visualiser en temps réel les changements protéiques à l’intérieur des cellules myélomateuses vivantes. Ceci donne donc des informations précoces concernant l’efficacité du traitement. Comment la MiROM détecte-t-elle ce mauvais repliement des protéines dans les cellules cancéreuses ? « La MiROM identifie les protéines en utilisant la lumière infrarouge pour détecter les vibrations moléculaires », précise encore l’article scientifique. Elle détecte, de cette manière, la « danse » naturelle des molécules au sein des structures protéiques.

À l’inverse de la spectroscopie optique, qui mesure l’atténuation de la lumière, l’optoacoustique, elle, capture les ondes ultrasonores générées dès lors que les protéines absorbent la lumière infrarouge. C’est cette absorption qui provoque une très faible augmentation localisée de la température. Ceci engendre une expansion transitoire du milieu entourant la protéine ainsi que l’émission d’ondes ultrasonores. C’est en analysant ces signaux en temps réel que MiROM parvient à détecter les changements structurels dans les protéines : les mauvais repliements, notamment. Or, ceci fournit des informations essentielles sur la manière dont les cellules cancéreuses réagissent au traitement.

Les limites des méthodes traditionnelles d’évaluation du traitement du myélome sont nombreuses : nécessité d’échantillons cellulaires importants, préparation complexe, mesures fastidieuses. En analysant des cellules de façon individuelle, MiROM dépasse ces écueils : cette technologie fournit des évaluations presque en temps réel de l’efficacité du traitement. Interrogés sur le site Analytica word, les professeurs Miguel Pleitez et Florian Basserman, chercheurs principaux de l’étude, donnent une précision intéressante : « MiROM détecte la formation de feuillets bêta intermoléculaires, des structures liées au mauvais repliement des protéines, ainsi que l’apoptose, la mort cellulaire programmée qui indiquent si les traitements contre le cancer sont efficaces ou si une résistance aux médicaments se développe. » En révélant des variations dans la réponse au traitement chez un patient atteint de cancer, MiROM ouvre ainsi la voie à des ajustements thérapeutiques personnalisés.

Intérêt potentiel pour d’autres maladies

Mais son intérêt va plus loin encore : en effet, au-delà du myélome multiple, MiROM présente un intérêt potentiel pour d’autres maladies liées au mauvais repliement des protéines. Parmi elles : la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Actuellement, la durée des impulsions laser et l’augmentation de la vitesse d’imagerie sont en cours d’optimisation. Ceci pourrait donc élargir les applications cliniques de cet outil. Il est en effet envisagé de l’utiliser dans le dépistage de médicaments, les tests diagnostiques et même la surveillance des patients à domicile. Reste à valider cliniquement MiROM sur des cohortes de patients plus importantes, prochaine étape avant une intégration de cette technologie en pratique médicale courante.

Francesca Gaspar and al. « Label-free protein-structure-sensitive live-cell microscopy for patient-specific assessment of myeloma therapy ». 2025-7-14. Nature Biomedical Engineering.