Survie au cancer du pancréas : intérêt de l’indice Ki-67

par | 12 août 2025

La molécule Ki67, les anatomopathologistes le savent bien, est un excellent marqueur de prolifération cellulaire : plus Ki-67 est élevé, plus les cellules tumorales prolifèrent. Ki-67 est ainsi fortement exprimée dans le noyau des cellules en prolifération. Une étude récente, parue dans Endocrine Pathology et menée auprès de 904 patients ayant subi une résection chirurgicale de tumeurs neuroendocrines pancréatiques bien différenciées, a montré que cet indice Ki-67 était effectivement corrélé à la survie des patients. L’étude a utilisé deux méthodes pour évaluer ce Ki-67.

Ces patients ont été recrutés dans un seul établissement par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins, une université privée américaine située à Baltimore dans le Maryland. Ces scientifiques ont évalué les caractéristiques pronostiques à long terme. Pour cela, ils ont observé les données cliniques, pathologiques et de survie des patients. Classées à l’aide de cet indice de prolifération KI-67, les tumeurs ont été stratifiées en 4 catégories selon que le Ki-67 était inférieur à 3% pour le groupe G1, compris entre 3 et 10% pour le groupe G2a, compris entre 10 et 20% pour le groupe G2b et supérieur à 20% pour le groupe G3. Il s’est alors avéré que la survie globale à 10 ans était de 81% pour les tumeurs G1, de 68% pour les tumeurs G2a, de 44% pour les tumeurs G2b et de 23% pour les tumeurs G3. Il est à noter que la stratification des tumeurs G2 en G2a et G2b était associée à des différences en termes de survie globale ainsi qu’en risque de récidive.

En outre, des caractéristiques histopathologiques étaient associées une survie globale plus faible, parmi lesquelles l’invasion vasculaire, la taille tumorale : surtout si elle s’élevait à 2 centimètres ou plus, mais également l’invasion périneurale et des marges chirurgicales positives. Par ailleurs, il existait des caractéristiques associées, chez ces patients, à une amélioration de la survie globale : ces données comprenaient l’insulinome, la variante sclérosante ainsi que la variante kystique. Les sous-groupes de patients atteints d’une tumeur non métastatique et ne présentant pas d’atteinte ganglionnaire ont montré les mêmes associations. De plus, chez les 251 patients ayant des tumeurs inférieurs à 2 centimètres et un stade T1N0M0 (soit sans atteinte des ganglions lymphatiques et sans métastase), la survie globale à 10 ans s’est élevée à 88%. Chez eux, la survie spécifique à la maladie à 20 ans s’est même élevée à 96%.

Finalement, il faut noter qu’un changement de stade a été observé au cours de la période d’étude : la proportion de patients diagnostiqués au stade 1 a augmenté, et l’âge moyen au moment du diagnostic a légèrement augmenté. En définitive, les résultats de l’étude soutiennent l’utilisation de la classification basée sur le Ki-67 ainsi que des caractéristiques histopathologiques dans la stratification du risque, chez les patients atteints de tumeurs neuroendocrines pancréatiques réséqués de façon chirurgicale.

 

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Sources

  • Ashley Kiemen and al. « Prognostic Features in Surgically Resected Well-Differentiated Pancreatic Neuroendocrine Tumors : an Analysis of 904 Patients with 7882 Person-Years of Follow-Up ». June 2025. Endocrine Pathology.