Dedalus fait évoluer Diamic et prépare une offre modernisée et ouverte à l’IA

par | 23 juillet 2025

Nicolas Rousset

Nicolas Rousset, directeur de l’activité anatomopathologie France de Dedalus

C’est le message que Dedalus veut faire passer cette année. Le point avec Nicolas Rousset, directeur de l’activité anatomopathologie France de Dedalus.

Les fournisseurs de solutions de pathologie numérique et d’intelligence artificielle attendent avec intérêt la modernisation des solutions de gestion de laboratoire (SGL), dans le but de déployer leurs outils de manière optimale. L’objectif est de mettre en place un workflow entièrement intégré, débutant dès l’identification du patient, la traçabilité de l’ensemble des étapes jusqu’à la numérisation des lames avant l’intégration des solutions d’intelligence artificielle (IA).

Pour beaucoup de services la question se pose : Où en est Dedalus de la mise à jour de ses solutions pour la pathologie ?

Nicolas Rousset : Dedalus a pris l’option stratégique d’évoluer vers une solution étendue, modélisée à l’échelle du groupe. C’est ce qui fait le cœur de la suite InVitro AIS (Anatomopathologie Information System) – qui a par exemple son pendant en biologie sous la forme de InVitro LIS. Il s’agit d’une refonte full web de nos solutions, dont l’implémentation va se faire progressivement, il n’y a ni effet Big Bang, ni révolution, un passage de relais, à la carte et dans la continuité.

C’est une crainte de vos clients historiques de voir la solution Diamic disparaître ou ne pas être maintenue ?

Diamic continue et se transforme.
La perspective d’une migration en une seule étape peut parfois susciter des réserves et des doutes chez nos clients. C’est la raison pour laquelle, nous proposons une modernisation en douceur et par étapes. A partir de 2026, une mise à jour de Diamic en version 10 permettra d’implémenter les nouvelles fonctionnalités apportées par la suite InVitro AIS.

Vous voulez dire que les nouvelles fonctionnalités sont à la carte ?

Effectivement, nous avons conçu notre nouvelle offre sous la forme de modules (add-on) qui peuvent être implémentés au fur et à mesure des besoins et des projets de nos clients. Nous avons cartographié les différents éléments fonctionnels des laboratoires qui doivent évoluer pour suivre le déploiement de la pathologie numérique et de l’IA. Il nous est apparu dans ce contexte que le poste « médecin » était prioritaire. C’est donc le module qui sera proposé en premier comme add-on de Diamic 10. Cette modularité permet aussi aux cabinets et aux laboratoires d’avancer dans leurs projets en dosant les investissements et les priorisant selon les besoins de chaque structure.

« Non seulement Diamic se réinvente
mais nous réinventons la manière de migrer un SGL ! »

Il est courant qu’il y ait plusieurs postes de médecins dans un cabinet et un laboratoire, avec des pratiques ou des habitudes différentes. Comment comptez-vous gérer ces différences ?

C’est là, toute l’originalité de notre lancement : le module sera opérationnel sur la solution Diamic, donc le médecin pourra, à façon, passer de l’ancienne à la nouvelle interface. Chaque médecin pourra choisir ou non d’opter pour cette nouvelle interface qui sera full web. Elle offrira une expérience utilisateur optimisée et une accessibilité totale, depuis n’importe où et à tout moment. Cette réversibilité de la solution, est très rassurante et permet une implémentation au rythme de chacun, avec beaucoup d’agilité et des retours d’expérience au fil de l’eau. Cela permet aussi un accompagnement au changement très progressif et très simplifié. Car nous savons que la complexité d’un projet est l’un des freins directs à l’innovation.

De son côté, comment Dedalus compte accompagner ces changements ?

Nous développons une solution pour les 20 années à venir mais qui doit aussi embarquer les habitudes bien ancrées de nos clients et les modes de fonctionnement actuels. Pour répondre à ce défi, Dedalus a renforcé ses équipes : tant les équipes en charge de Diamic qui connaissent bien leurs clients historiques que les équipes côté InVitro AIS. En outre, les clients vont bénéficier aussi de la dynamique de Dedalus en matière de développements des services supports et formation en ligne sur lesquels le groupe a beaucoup investi ces dernières années.

Vous donnez rendez-vous à vos clients sur Carrefour Pathologie pour présenter cette solution dans sa version démo, quels développements peuvent-ils attendre ensuite sur les autres modules ou fonctionnalités prévues dans InVitroAIS ?

L’innovation est au cœur de l’engagement de Dedalus tout en respectant strictement les exigences réglementaires définies par la feuille de route du numérique en santé.

Parmi les innovations Dedalus investit en R&D sur :

  • L’exploitation des retours de l’IA dans la production du résultat (automatisation du compte rendu, de prescription de techniques complémentaires, …) en collaboration étroite avec des partenaires clés du marché.
  • La poursuite de la modernisation de Diamic, avec notamment des modules socles du workflow du laboratoire (enregistrement, suivi du plateau technique…).
  • La mise sur le marché de modules complémentaires. Nous avons par exemple noué un partenariat avec Vulgaroo pour la mise à disposition de compte rendu patient simplifié (voir l’article d’Anapath mag n°1).
  • La présentation de notre solution de pathologie numérique DeepUnity, développée à l’origine pour l’imagerie et la radiologie, adaptée ensuite aux usages et spécificités de la pathologie.

 

Repères

  • Pour les systèmes de gestion de laboratoire, l’éditeur affiche environ 70 % de parts de marché dans le secteur public & privé.
  • En 2018, Dedalus a acquis la société Infologic-Santé, spécialisée depuis sa création en 1982 dans le domaine de l’anatomocytopathologie, et éditrice des solutions Diamic et Ariane.