Après prostatectomie : les apports de la pathologie numérique 

par | 7 avril 2026

Une étude publiée dans European Urology décrit le développement et la validation d’un biomarqueur de pathologie numérique multimodalbasé sur l’IA. Il a été conçu pour prédire les métastases chez les patients présentant une récidive biochimique après prostatectomie.

 

« La récidive biochimique après prostatectomie constitue un contexte clinique hétérogène avec des résultats variables après radiothérapie de rattrapage et une incertitude quant au bénéfice de l’hormonothérapie », avance l’étude reprise par The Pathologist.

 Afin d’améliorer la stratification du risque, les chercheurs ont développé un modèle d’IA multimodal (MMAI ) qui intègre des lames de prostatectomie, colorées à l’hématoxyline-éosine, numérisées sur la base de variables cliniques de routine, telles que le grade histologique, le stade T pathologique, le taux d’antigène prostatique spécifique (PSA) avant radiothérapie de rattrapage, l’âge et le statut des marges chirurgicales. Le modèle a été entraîné et validé à l’aide d’échantillons et de données cliniques issus de deux essais de phase 3 NRG/RTOG (9601 et 0534). La validation a été réalisée sur une cohorte de 533 patients avec un suivi médian d’environ neuf ans. Le score MMAI était associé de manière indépendante au développement de métastases après ajustement pour les facteurs cliniques et le traitement.  Pour faciliter l’interprétation, les patients ont également été classés en groupes à haut et à faible risque selon un seuil prédéfini. L’incidence cumulative des métastases (à 10 ans) était plus élevée dans le groupe à haut risque MMAI (25 %) que dans le groupe à faible risque (8,8 %). Les analyses stratifiées par traitement ont suggéré des différences de résultats entre les patients recevant une radiothérapie de rattrapage seule et ceux recevant une radiothérapie combinée à une hormonothérapie, en fonction de la classification du risque MMAI. « D’un point de vue diagnostique, l’étude démontre l’intérêt d’utiliser des pièces de prostatectomie archivées et des lames d’histopathologie centralisées pour obtenir des informations pronostiques complémentaires. L’analyse, par un pathologiste, des zones d’imagerie mises en évidence par le modèle, a indiqué que des profils morphologiques défavorables établis, tels qu’une architecture cribriforme, contribuaient aux prédictions de risque », reprend The Pathologist. A noter qu’une évaluation prospective du biomarqueur, sous la forme d’un test développé en laboratoire, est actuellement menée afin d’évaluer son rôle potentiel dans l’évaluation du risque post-prostatectomie.