Intelligence artificielle en pathologie : Une journée à Paris pour détailler les défis
La Société française de pathologie a organisé la première journée Intelligence artificielle et pathologie (JIAP) en mars dernier. Le Pr Catherine Guettier en était la présidente du comité scientifique. But de l’événement ? Répondre aux craintes, légitimes, et permettre aux pathologistes de mieux cerner les enjeux de l’IA.
« Réfléchir dès maintenant aux impacts majeurs que l’IA aura sur notre discipline nous permettra certainement de mieux la recevoir, de l’accepter voire de l’apprivoiser ! », a indiqué le Pr Jean-Christophe Sabourin, en guise d’introduction à cette journée qui se déroulait à Paris le 13 mars et dont il était le président du comité d’organisation.
Du côté du ministère
Pharmacien co-responsable du numérique en santé pour le ministère, David Sainati a souligné qu’une feuille de route sur l’intelligence artificielle en santé devait être publiée à l’été 2025. Il a, en outre, évoqué le consortium PortrALt, dirigé par la start-up française Owkin, qui vise à faire de la France un leader mondial de l’IA pour diagnostiquer les maladies. Il a aussi rappelé le plan de soutien massif par l’État, développé depuis 2022, pour faciliter la numérisation des laboratoires. Il a alors émis un souhait : « Que vous, anatamopathologistes, puissiez garder la main sur le développement de l’IA pour votre spécialité ! »
Du côté d’un laboratoire de recherche
Chercheur au sein du laboratoire « Systèmes intelligents de perception », le Pr Nicolas Loménie a découvert l’histopathologie numérique en 2012. Et depuis 5 à 6 ans, il travaille avec son équipe sur le développement de tests compagnons pour les cancers colorectal et hépatocellulaire. Les scientifiques ont utilisé un modèle fondation pour détecter la stabilité ou l’instabilité des microsatellites, une instabilité étant notamment associée à un meilleur pronostic pour les patients atteints d’un cancer colorectal.
Le point de vue de la radiologue
Radiologue à Paris, le Pr Laure Fournier a rappelé que l’irruption de l’IA, en radiologie, avait été extrêmement violente. « On nous avait même prédit notre disparition à 5 ans, glisse la spécialiste. Nous sommes toujours là ! » C’est principalement le fait que cette profession était déjà numérisée depuis 30 ans qui explique l’intérêt très précoce de l’IA pour la radiologie. Elle évoque en conclusion de son intervention une question fondamentale, quelle que soit la spécialité médicale : « Le fond, en tant que société, c’est de savoir quelle est la valeur qu’on souhaite ajouter avec ces outils. »
Algorithmes quantitatifs en pathologie mammaire et pulmonaire
Pathologiste à Toulouse, le Dr Camille Franchet a notamment présenté le cas d’un gain de performance permis par l’IA : celui de faciliter les distinctions 0 versus 1+ pour la détection du biomarqueur HER2. « Beaucoup d’outils sont déjà disponibles, indique-t-il, mais ils sont difficiles à comparer, car les médecins manquent de données très bien rapportées pour faire les choix. » Autre exemple d’un gain de performance, présenté cette fois par le pathologiste rouennais Nicolas Piton : l’évaluation du PDL1, dans le cadre du cancer pulmonaire : grâce aux algorithmes d’IA, il est possible de mieux stratifier et mieux définir les populations les plus à mêmes de bénéficier d’une immunothérapie. Ainsi, il ne faut jamais oublier que derrière cette intelligence artificielle, il existe aussi une vérité biologique !




