Pancréas : spatial Vs quantitatif

par | 10 octobre 2026

Une étude de la Mayo Clinic publiée dans Clinical Cancer Research souligne que l’analyse de la répartition spatiale des cellules de cancer résiduelles pourrait être plus pertinente que leur quantification dans le pronostic de récidive du cancer du pancréas.

Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont utilisé des algorithmes sur des lames d’histopathologie standards colorées à l’hématoxyline-éosine (H&E) pour évaluer le risque de récidive après chirurgie. Certains schémas – répartition plus fragmentée et intriquée du cancer et des tissus environnants (stroma) – se sont révélés des marqueurs des récidives plus précoces. La quantité de cancer résiduel à elle seule ne permettait pas de distinguer de manière fiable les patients à risque élevé de ceux à risque faible. 
L’étude a porté sur des tissus provenant de 203 patients atteints d’adénocarcinome canalaire pancréatique ayant reçu un traitement préopératoire mais présentant une réponse pathologique limitée.

Des indicateurs complémentaires

L’étude a notamment permis d’établir deux modèles :

  • Dans un modèle, les patients à haut risque présentaient un risque ajusté de récidive supérieur de 71 %
  • Dans un autre, ce risque était plus de deux fois supérieur.

Ce pronostic de risque faible / élevé de récidive s’est montré pertinent et plus sensible pour prédire la survie sans maladie, même après prise en compte du stade, de l’atteinte ganglionnaire et d’autres facteurs de risque cliniques et pathologiques établis.
« Ce qui est passionnant, c’est que cette information est déjà présente dans les tissus », explique le Dr Carr. « L’analyse assistée par l’IA nous permet de mesurer des caractéristiques difficiles à percevoir à l’œil nu et d’affiner encore notre évaluation des risques post-opératoires. ». Aucun prélèvement supplémentaire n’est nécessaire pour effectuer cette analyse.

L’intérêt de l’environnement tumoral

L’étude a également révélé que les zones à haut risque présentaient moins de cellules immunitaires au sein même du cancer, ces dernières ayant tendance à s’accumuler autour de la tumeur plutôt qu’à y pénétrer. Cette découverte souligne l’importance du microenvironnement tumoral dans la résistance aux traitements et l’évolution de la maladie. 

Les résultats prometteurs doivent encore être confirmés par des études prospectives avant la validation d’une telle approche en pratique clinique. 

Sources