Alerte sur les cyberattaques contre la chaîne du froid

par | 7 novembre 2026

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Les laboratoires d’anatomopathologie, au même titre que toutes les installations utilisant la chaîne du froid dans leur processus sont susceptibles d’être la cible de cyberattaques. Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2026, l’EFS en a ainsi fait les frais.

 C’est le Canard Enchaine qui a révélé l’attaque dans son édition du 3 novembre : dans la nuit du 1er au 2 novembre 2026, une cyberattaque reprogramme des chambres froides de stockage appartenant à l’Établissement français du sang,(EFS) pour leur demander d’atteindre 110 °C.

L’attaque passe par Coolworld, un prestataire de l’EFS. Aucune conséquence pour les patients n’a été confirmée, un technicien d’astreinte s’est rapidement rendu compte que la température était en train de remonter.

Dans ce contexte vérifier régulièrement la sécurité informatique des installations peut être pertinente. L’ alerte avait d’ailleurs été donnée par Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) lors d’une audition au Sénat le 21 octobre d’après le média cyberattaque.org : « Après les incidents touchant les supermarchés français, [Vincent Strubel] avait explicitement rappelé que ces technologies étaient également utilisées dans les laboratoires de recherche, les pharmacies et d’autres établissements du secteur de la santé. » Si les différentes attaques de ces dernières semaines contre la chaîne du froid n’ont pas forcément utilisé les mêmes failles techniques, elles révèlent les fragilités de cette chaîne connectée.

Les mesures à prendre

  • Inventorier les contrôleurs frigorifiques connectés. A commencer par certains modèles déjà identifiés comme compromis par l’ANSSI.
  • Supprimer les interfaces exposées sur Internet. C’est la première recommandation de l’ANSSI : aucune interface de gestion ne doit être directement accessible depuis le réseau public.
  •  Encadrer la maintenance à distance. L’ANSSI préconise de la réserver à des connexions sécurisées. L’affaire montre qu’une attaque contre un prestataire peut avoir des effets physiques chez un établissement qui n’a pas lui-même été piraté : les contrats et accès des fournisseurs doivent être passés en revue.
  •  Maintenir une surveillance humaine et une astreinte. C’est la vigilance d’un technicien qui a permis d’éviter le pire. Les alarmes de température doivent remonter rapidement vers une personne capable d’intervenir, y compris la nuit et le week-end.
  •  Contrôler la température réelle, pas seulement la consigne. Une consigne modifiée peut passer inaperçue si l’on ne vérifie pas les températures effectivement mesurées dans les enceintes.
  • Se rapprocher du CERT Santé en cas de doute ou d’anomalie, puisque celui-ci est associé à l’ANSSI dans la sensibilisation du secteur.