Rés’Hist : fédérer les plateformes d’Histologie d’Île-de-France
Maryline Favier est responsable de la plateforme HistIM (Histologie, Immunomarquage, Microdissection laser) à l’Institut Cochin. Elle revient, dans cet entretien, sur la genèse de Rés’Hist, le réseau des plateformes d’histologie d’Ile-de-France dont elle est à l’origine.
De gauche à droite : Coralie Guérin (Institut Curie Paris), Arthur Starck (Institut Curie Orsay), Sophie Luccantoni (CEA Fontenay-aux-Roses), Sophie Beressi (SFR Necker), Floriane Arbaretaz (Les Cordeliers), Olivia Bawa (Institut Gustave Roussy), Maryline Favier (Institut Cochin), Mylène Zarka ( Site Saint-Louis), Julie Rivière (INRAe Jouy-en-Josas), Xavier Decrouy (Institut Mondor), Annick Prigent (Institut du Cerveau), David Hardy (Institut Pasteur), Olivier Le Coz (Université Saint-Quentin-enYvelines), Estelle Anceaume (Collège de France), Olivier Thibaudeau (Institut Claude Bernard), Amanda Finan-Marchi (Généthon). Absente : Corinne Lesaffre (PARCC)
Comment est né le réseau Rés’Hist ?
Maryline Favier : En 2022, j’ai eu envie de rassembler les plateformes d’histologie d’Île-de-France afin que l’on se connaisse mieux. Je suis impliquée à l’AFH (Association Française d’Histotechnologie) depuis des années et ma participation à son congrès annuel, ainsi qu’à d’autres évènements du domaine, m’ont permis de connaître individuellement de nombreuses personnes impliquées dans différentes plateformes franciliennes. En 2022, je me suis dit qu’il était dommage que tout ce monde n’interagisse pas davantage ensemble autour de nos sujets d’intérêt : problèmes de protocoles, d’anticorps, de machine, de vie de labo, etc… propres aux plateformes. Et puis, j’avais aussi envie, en créant une unité et un réseau de proximité, de briser un peu une forme d’isolement ou de « concurrence » qui pourrait parfois exister entre plateformes.

Maryline Favier
Comment avez-vous procédé ?
M.F. : J’ai d’abord appelé mes homologues des différentes plateformes que je connaissais le mieux, pour leur exposer l’idée. Ma première collègue a été enthousiaste, la deuxième aussi et j’ai continué comme ça. J’ai alors contacté des plateformes que je connaissais moins et qui elles aussi ont été partantes. Au final, tout le monde a réagi positivement et les premières réunions trimestrielles ont démarré en septembre 2022. Le réseau a donc d’abord rassemblé 14 plateformes et les 14 responsables constituent le comité de pilotage de Rés’Hist. En 2026, 3 nouvelles plateformes sont devenues membres de Rés’Hist : l’institut Curie Paris, l’Institut Curie Orsay et le Généthon d’Evry. Il y a juste une condition à remplir pour être membre : que l’on soit académique et francilien.
Vous avez continué à faire grandir le réseau…
M.F. : Oui, en particulier en 2025, en organisant une journée annuelle avec de la formation, du jeu, des rencontres, des échanges, ouverte à l’ensemble des personnels des plateformes Rés’Hist… Depuis 3 ans nous avions des réunions entre responsables de plateformes et c’est très bien que l’on se connaisse entre nous mais c’est tout aussi important que les personnels des plateformes se sentent concernés, impliqués, qu’ils puissent se rencontrer aussi et bénéficier d’échanges qui participent au partage des expériences et compétences et qui permet à tous d’améliorer leurs processus. Nous avons aussi créé une adresse mail générique Rés’Hist afin que tous puissent échanger au quotidien. Cette année 2026, nous avions invité aussi quelques utilisateurs de nos plateformes qui ont été très satisfaits de leur participation.
Comment s’est déroulé le premier symposium en 2025 ?
M.F. : Il a été organisé chez moi à l’Institut Cochin ! Il a réuni les 14 plateformes et leurs personnels, soit environ 60 personnes. Cela a été l’occasion pour chacun de se présenter oralement et sous forme de posters. Et puis nous avons eu la chance d’avoir la présentation de Quentin Pascal, le responsable scientifique de la plateforme d’histologie du CEA Fontenay-Aux-Roses. Il est vétérinaire et nous a appris à repérer des modifications de structure, des anomalies tissulaires. Nous avons eu également un quizz sur les colorations histologiques qui a été très formateur et très apprécié de l’assemblée. Cette première journée a été un vrai succès et nous nous sommes donc lancés dans l’organisation d’une deuxième journée, tout en continuant nos réunions entre responsables chaque trimestre.
Le contenu des réunions trimestrielles est-il très différent des grands symposiums annuels ?
M.F. : Oui. Au cours des réunions trimestrielles, les discussions peuvent parler d’un sujet précis de technique comme la manière dont on choisit les filtres pour un scanner fluo ou encore les modes de fixation des échantillons jusqu’à des problématiques de fonctionnement comme la manière dont on fixe nos tarifs pour les prestations, ou quel type de contrat de maintenance souscrire sur telle ou telle machine ou encore quels produits chez quels fournisseurs. Avant nous étions plus ou moins isolés et centrés sur notre plateforme, il pouvait y avoir des disparités qui peuvent s’effacer, s’aligner, à notre bénéfice. Par exemple, aujourd’hui, l’un de nos fournisseurs parle même de « prix Rés’Hist » avec des tarifs alignés pour tous. Les symposiums ont un objectif plus large et se veulent ludiques et formateurs pour les personnels de plateforme pour développer et améliorer les connaissances de chacun, créer du lien et des rencontres, faciliter les échanges et collaborations.
Quels sont les axes de développement du réseau ?
M.F. : L’objectif est d’ouvrir encore le réseau à d’autres plateformes franciliennes. Pourquoi pas, dans un futur à moyen terme, l’ouvrir au niveau national, toujours académique, ou étendre ce concept de manière régionale… Ce qui sera le mieux pour tous. Nous allons aussi probablement continuer d’ouvrir le symposium annuel à des utilisateurs privilégiés en quelque sorte qui seraient par exemple amenés à se lancer dans une nouvelle technologie qui serait l’un des points du symposium.
Deuxième édition du Symposium Rés’Hist
Ce moment convivial placé sous le signe de l’échange a accueilli environ 70 participants à l’Institut Pasteur le 31 mars dernier. Après une présentation du réseau par Maryline Favier, des présentations scientifiques très pointues sur le thème de la biologie spatiale se sont enchaînées. Des acteurs de l’Institut du Cerveau, des Cordeliers, de l’institut Cochin, et de l’institut Gustave Roussy sont intervenus pour parler de protéomique spatiale et de transcriptomique spatiale. Trois nouvelles plateformes ont rejoint le réseau et ont pu se présenter : Institut Curie Paris, Institut Curie Orsay et Généthon d’Evry.
Un quizz interactif est venu clore la matinée. Des questions aussi techniques que : « un anticorps montre une coloration dans une zone qui ne devrait pas exprimer l’antigène, quelle est l’action de correction la plus pertinente ? ou encore quel est le but principal d’un contrôle réalisé en omettant l’anticorps primaire ? » ont donné plus ou moins de fil à retordre aux spécialistes. La journée, ponctuée de plusieurs moments de partage, a été une opportunité pour tous les participants d’entamer des discussions techniques passionnées. Une session poster a également été organisée. Maintenant, place à une troisième journée en 2027…


