Cancer du pancréas : découverte d’une nouvelle famille de cellules immunitaires chez les « super-répondeurs »

par | 27 avril 2026

Les résultats de phase 2 de l’essai clinique POLAR mené aux Etats-Unis ont montré l’efficacité d’ajouter une immunothérapie à une thérapie ciblée chez des patients atteints de cancer du pancréas métastatique.

Ces travaux conduits par le Dr Marc Hilmi, oncologue médical à l’Institut Curie et post-doctorant au Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York, présentés au congrès de l’AACR 2026 expliquent, pour la première fois, pourquoi l’immunothérapie est particulièrement efficace chez certains patients alors qu’elle ne l’est pas chez d’autres. « Nous avons identifié un nouveau sous-type de lymphocytes, les TIE (pour T Infiltrated Expandable) présent chez les 10 % des patients de l’étude POLAR – les super-répondeurs -qui ont très bien réagi à l’immunothérapie et dont la survie a été exceptionnelle », déclare dans un communiqué de presse le Dr Marc Hilmi. Cette découverte a été réalisée grâce à des analyses de transcriptomique spatiale et d’analyses en cellule unique (single cell), permettant de caractériser très précisément les cellules selon leur localisation dans les tissus.

L’étude a montré que ces lymphocytes TIE sont capables de s’expandre dans le sang et d’infiltrer le tissu proche de la tumeur. Mais surtout, les chercheurs révèlent la présence de ces cellules singulières au moment du diagnostic, prouvant ainsi que l’immunité des « super-répondeurs » est préexistante à tout traitement. Dr Marc Hilmi : « Forts de ces résultats, la présence ou non de ces lymphocytes TIE devrait permettre de prédire la réponse à l’immunothérapie dans le cancer du pancréas et pourquoi pas dans d’autres localisations, ce qu’il nous reste encore à explorer. »

Le Daraxonrasib, pourrait doubler la durée de survie

Autre nouvelle encourageante en lien avec le cancer du pancréas : un essai clinique réalisé par le laboratoire américain Revolution Medicines montre que le Daraxonrasib augmente de six mois l’espérance de vie des patients. Cette étude scientifique (essai de phase 3), dirigée par des médecins américains, a notamment été menée en France, sur soixante patients, dont certains à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif. Le communiqué de l’entreprise  précise que ce candidat médicament a offert aux 460 malades participants, déjà traités par chimiothérapie, une durée médiane de survie de 13,2 mois contre 6,7 mois seulement avec la deuxième chimiothérapie. « On n’a jamais vu de résultats pareils », commente le professeur Pascal Hammel, chef du service d’oncologie digestive et médicale à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif AP-HP, Institut National du Cancer sur France Info. « Le médicament freine l’action du gène principal qui est le moteur des cancers du pancréas ». Le médecin se félicite de l’efficacité du médicament et de son absence d’effets secondaires : « Il peut y avoir des lésions, des boutons sur la peau, tempère-t-il, mais pas de toxicité grave. »