Indices rétiniens de la maladie d’Alzheimer
Une étude a détecté Chlamydia pneumoniae et des protéines liées à l’inflammasome dans des échantillons de rétine de personnes atteintes d’Alzheimer.
Parue dans Nature Communications, cette étude fait état d’un lien entre la bactérie Chlamydia pneumoniae et des signes d’activation de l’inflammasome NLRP3 dans la rétine de patients atteints d’Alzheimer.
Ces résultats pourraient présenter un intérêt diagnostique : le tissu rétinien reflèterait, en effet, les processus inflammatoires et infectieux associés à la neurodégénérescence.
L’équipe de recherche s’est penchée sur l’étude d’échantillons de rétine post-mortem de patients atteints de la maladie d’Alzheimer – la maladie ayant été confirmée par un examen neuropathologique -, et d’échantillons provenant de donneurs témoins d’âges similaires. Comme le précise le site The Pathologist qui a repris la publication, les études se sont basées sur des analyses PCR, de l’immunohistochimie, de l’hybridation in situ et de la microscopie électronique pour évaluer la présence de la bactérie, les dépôts de peptide ß-amyloïde et de protéines liées à l’inflammasome. Le tissu rétinien des patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentait plus fréquemment de l’ADN et des antigènes de C. pneumoniae que celui des témoins. La bactérie était localisée dans plusieurs couches de la rétine, notamment la couche des cellules ganglionnaires et la couche nucléaire interne. La microscopie électronique a identifié des structures compatibles avec des inclusions bactériennes intracellulaires. En plus de cela, les scientifiques ont évalué les marqueurs d’activation de l’inflammasome. Les rétines de patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentaient une expression accrue de NLRP3, d’ASC et de la caspase-1 clivée par rapport aux témoins, confirmant l’activation de la voie de l’inflammasome. Ces signaux ont été observés dans des zones présentant également une accumulation de peptide ß-amyloïde et une activation microgliale. L’article conclut toutefois en précisant que « Des études complémentaires seront nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer si les marqueurs microbiens ou inflammatoires rétiniens ont un rôle à jouer dans le diagnostic clinique. »






