Dépistage du HPV : des serviettes hygiéniques à la place d’un frottis ?
Les échantillons prélevés sur les serviettes hygiéniques pourraient être aussi efficaces que les prélèvements cervicaux effectués par un professionnel de santé, pour détecter les infections à papillomavirus(HPV) cliniquement significatives.
C’est en tout cas ce que révèle une étude publiée dans le British Medical Journal reprise dans The Pathologist.
Cette vaste enquête chinoise menée sur plus de 3 000 femmes menstruées a mis en avant que le génotypage du HPV sur le sang menstruel a une capacité similaire à celle des prélèvements effectués par un professionnel de santé pour exclure une maladie cliniquement significative. Ceci avec une valeur prédictive négative très élevée pour les lésions cervicales de haut grade. Dans une perspective de dépistage, cela signifie qu’un test HPV négatif sur le sang menstruel pourrait être un gage de confiance important quant à la faible probabilité d’une maladie grave.
Bien que le test sur le sang menstruel ait montré une spécificité légèrement inférieure à celle des prélèvements effectués par un professionnel de santé, les taux d’orientation vers des examens complémentaires étaient comparables entre les deux méthodes.
Intégration aux parcours diagnostiques
Les résultats de l’étude suggèrent que le test sur le sang menstruel pourrait être intégré aux parcours diagnostiques existants sans augmenter la charge de travail en aval. « Si elle était plus largement adoptée, la recherche du HPV dans le sang menstruel pourrait élargir la couverture du dépistage en permettant un prélèvement à domicile sans instrumentation vaginale, notamment pour les populations ayant un accès limité aux soins cliniques. En matière de diagnostic, ces travaux mettent en lumière une opportunité de soutenir la prévention du cancer du col de l’utérus grâce à des stratégies d’échantillonnage flexibles qui préservent la performance analytique tout en réduisant les obstacles à la participation », note The Pathologist.
A noter que les Chinois ne sont pas les seuls à s’intéresser au potentiel des serviettes hygiéniques. Ainsi, une équipe Suisse avait fait paraître en mai 2025 un article dans Advanced Science, détaillant le projet MenstruAI, une méthode non invasive pour détecter des biomarqueurs retrouvés dans le sang des règles directement sur les serviettes hygiéniques.


