Quelles obligations pour le contrôle périodique des armoires de sécurité ?

par | 19 septembre 2025

Armoire de sécurité pour produits chimiques

Cette armoire est adaptée au stockage de produits inflammables / CMR (modèle multirisques), couramment utilisés en anatomie-pathologie. © Stefan Gregor -pour Asecos

Les armoires de sécurité résistantes au feu, classées comme équipements de protection collective, jouent un rôle essentiel dans la sécurité des installations. Quid de la réglementation française en vigueur ?
« Selon la norme DIN 31051, le contrôle périodique intègre l’obligation du fabricant de gérer la maintenance, a expliqué, lors d’un webinaire, Thierry Bies, dirigeant d’Asecos France, société allemande, notamment spécialisée dans la fabrication de hottes d’extraction, de bacs de rétention pour la manipulation de produits dangereux, etc. « Nous travaillons depuis plus de 20 ans avec des partenaires-revendeurs distributeurs de matériel destinés à la sécurité aux postes de de travail, d’armoires de sécurité pour les secteurs du laboratoire et de l’industrie » 

La maintenance augmente la durée de vie du matériel et maintient la sécurité au poste de travail. Elle valide aussi la certification, permet de planifier les interventions et diminue (voire supprime) la maintenance curative, ce qui évite, in fine, l’arrêt du matériel. Dans les autres avantages, le spécialiste a souligné que cela rendait possible l’obtention d’une protection juridique en cas de problème et assurait la sécurité de l’employé.
Ce contrôle permet, en outre, une actualisation périodique du matériel. « Les dispositifs techniques de sécurité empêchent la propagation des dommages en cas d’incident, c’est pourquoi un entretien régulier et une mise à jour sont indispensables si vous souhaitez que vos équipements restent opérationnels et conformes à tout moment », a-t-il poursuivi. Un entretien inapproprié peut avoir de lourdes conséquences. La prise en charge par les assurances devenant caduque en cas de sinistre.
« Ce n’est pas parce que vous avez des armoires de sécurité dans votre laboratoire qu’elles sont certifiées à vie. Il est important de faire venir un technicien et qu’il formalise ses vérifications dans un rapport d’intervention garantissant la certification de l’armoire. »

Points de contrôle vérifiés systématiquement

L’état et/ou corrosion des bacs de rétention, l’état du joint de dilatation et des différents joints d’étanchéité des portes et systèmes d’aération ainsi que le fonctionnement de la fermeture des portes, font partie des éléments systématiquement vérifiés lors des contrôles. Mais la liste est longue, puisque figure aussi la vérification des serrures des portes, des différents thermofusibles des conduits de ventilation (entrée et sortie) ainsi que le débit d’air. Le Firmware du système de ventilation, et/ou carte électronique sont actualisés et le filtre changé si besoin.
A noter que si le contrôle périodique est géré directement par le fabricant, les utilisateurs peuvent tout de même réaliser certains contrôles supplémentaires. Ils peuvent plus particulièrement s’intéresser à la présence et au bon état des joints ; à l’absence de bruit anormal lors de la manipulation ; à l’absence de fissure ; à la présence des documents officiels de l’armoire ; à l’absence de fuite de liquides ; au bon stockage de produits en adéquation avec le type d’armoire ; à l’absence de produits obstruant les grilles de ventilation ; à la présence de thermofusibles et au contrôle de débit d’air.

Norme NF EN 14470-1

Parue il y a 20 ans, réactualisée en juillet 2023, la norme NF EN 14470-1 indique, qu’à partir du moment où l’on a des produits dangereux, inflammables, il faut les stocker dans des armoires de sécurité répondant à cette norme. « Elle est exigeante pour nous les fabricants, dans le sens où nous nous devons de développer l’armoire de sécurité selon le cahier des charges de cette norme. Cette dernière intègre trois priorités : que l’armoire soit en mesure de résister au feu 30-60 ou 90 minutes, qu’elle soit ventilée à un taux de dix fois par heure (ceci afin de supprimer les odeurs, le mélange explosif et les vapeurs), et qu’elle soit équipée d’un bac de rétention. » 

Cet article a été rédigé après un webinaire d’Asecos organisé par Labo Moderne le 17 juin 2025.