Carrefour Patho 2026 : coulisses et temps forts
De gauche à droite : Janick Selves (présidente de Carrefour pathologie 2026), Denis Chatelain (coprésident) et Séverine Valmary-Degano (précédente présidente de carrefour 2025, et qui a exercé la fonction durant 10 ans)
Carrefour Pathologie 2026 c’est dans moins d’un mois maintenant. Du 18 au 20 novembre, près de 40 exposants et 1700 participants sont attendus au Cnit à la Défense. Le professeur Denis Chatelain, président du comité d’organisation de Carrefour Pathologie, et la professeure Janik Selves, présidente du comité scientifique, nous en disent plus sur le très riche programme qui a été élaboré.
Quelles sont les grandes nouveautés au programme ?
Denis Chatelain : La grande nouveauté, c’est que Janik Selves est la nouvelle présidente de la commission scientifique ! La professeure Séverine Valmary-Degano a assuré cette fonction pendant une dizaine d’années avec brio et le relais s’est fort bien passé avec la professeure Selves.
Janik Selves : Mon rôle consiste à élaborer tout le programme scientifique. Cela démarre dès l’édition précédente de l’événement. Le comité scientifique donne les grandes orientations, les thèmes forts et, sur cette base, commence à préparer toutes les sessions, qu’il s’agisse des sessions scientifiques ou médico-techniques, des sessions de l’Agora, des conférences, des symposiums, etc. Le challenge consiste à articuler le tout et ensuite à communiquer par réseaux sociaux, newsletter, SFP, etc.
Comment ces thèmes émergent-ils ?
J.S. : À la fin de Carrefour Pathologie, nous diffusons un questionnaire de satisfaction aux participants. Cela nous permet d’en savoir plus sur les thèmes qu’ils souhaiteraient voir aborder. Et puis, nous nous appuyons sur nos annales pour voir l’historique des pathologies précédemment abordées. En résumé, le programme poursuit trois objectifs : scientifique, pédagogique et de communication. Carrefour Pathologie porte vraiment bien son nom, puisque nous le voulons comme un véritable lieu d’échanges.
D.C. : Cette année, nous allons travailler avec une nouvelle société spécialisée dans la captation d’images. Toutes les sessions seront filmées et disponibles par la suite sous forme de podcast pour les participants. Si on a manqué une session, il sera toujours possible de la suivre après l’événement.
Quels seront les temps forts de cette édition ?
J.S. : Il y a la grande poussée de l’IA, que l’on voit arriver pleinement. Cela se traduit par des communications orales au sujet des travaux des pathologistes qui se sont approprié cet outil. Un pathologiste anglophone viendra décrire la façon dont l’IA se déploie dans d’autres pays. À noter aussi le retour de la formation qualifiante Qualiopi, très importante pour nombre de pathologistes qui ont besoin d’avoir une qualification de leur formation. En pathologie moléculaire, nous aborderons la place de l’ADN circulant, sujet sur lequel il faut un peu lutter, parce que, réglementairement, la question se pose toujours de savoir si l’on peut ou non faire de la pathologie moléculaire. Et puis, la session interactive toujours très prisée des pathologistes, puisqu’ils pourront vraiment analyser la lame et discuter avec le pathologiste expert en temps réel. Cette session portant sur les pathologies ORL attirera sûrement beaucoup, car elle ciblera les lésions difficiles sur biopsies. Il s’agit de problèmes courants qui posent toujours problème à de nombreux pathologistes. Au programme également, trois séminaires histo : un en urologie sur les tumeurs rénales, un sur la pathologie œsogastrique non tumorale et un en hématologie sur les lésions réactionnelles du ganglion. Des sessions seront consacrées à la réglementation, avec par exemple l’Afaqap qui évoquera les erreurs des pathologistes.
D.C. : Nous avons lancé depuis l’édition 2025 la séance controverse. Cette année, elle sera consacrée au télétravail, qui divise beaucoup au sein de la profession. Ce sera l’occasion de débattre.
Nous essayons aussi d’attirer des publics différents. Au-delà des médecins, l’événement s’ouvre de plus en plus aux techniciens. Nous souhaiterions également ouvrir aux secrétaires, même si, pour le moment, c’est un peu plus compliqué de trouver des thèmes, mais nous organisons pour cela depuis plusieurs années des séances médico-techniques. Cette année il y en aura deux : l’une centrée sur la place du technicien vis-à-vis de la pathologie digitale dans la numérisation des laboratoires, l’autre sur la formation des techniciens.
Comment avez-vous envisagé l’espace Agora ?
J.S. : Cet espace central de passage et de discussion, que nous essayons de sonoriser le mieux possible, tiendra une place majeure. Nous souhaitons que l’Agora demeure un lieu d’échanges facile d’accès, non cloisonné par des portes. Au programme : des séances de 15 à 30 minutes, qui donneront la parole à des collectifs comme le TEAP (pour « transformation écologique en anatomie et cytologie pathologique ») ou à des associations pour se présenter. Autant le programme scientifique est élaboré très en amont, autant celui de l’Agora laisse un peu plus part à la dernière minute. Nous l’avons finalisé début juillet.
D.C. : Des e-posters seront affichés sur le lieu du congrès. Les auteurs des meilleurs e-posters auront la possibilité de communiquer oralement sur l’Agora. À noter que Carrefour Pathologie, c’est également un moment festif pour les pathologistes, avec la traditionnelle « pathologistes party » qui aura lieu le jeudi 19 novembre au soir, cette année dans un nouveau lieu convivial : la Bulle, sur les Champs-Élysées.
Quelle place tiendront les clubs de spécialité ?
J.S. : Une place majeure, comme d’habitude ; l’idée étant, dans les clubs, de pouvoir présenter des cas anatomocliniques ouvrant sur une discussion. Le dernier jour s’annonce très endocrine, puisque le thème de la journée AIP portera sur les tumeurs endocrines et sera suivi par le club de la pathologie endocrine.
D.C. : Les clubs donnent aussi l’occasion aux jeunes de présenter. Le congrès est gratuit pour les internes : ils sont de plus en plus nombreux. C’est très satisfaisant.
J.S. : Enfin, la nouvelle classification des tumeurs gynécologiques ainsi que la nouvelle classification OMS des tumeurs cérébrales, à l’aide de la pathologie moléculaire, devraient réunir aussi beaucoup de participants.



