L’ADN tumoral circulant utile pour mesurer la maladie résiduelle dans les lymphomes de type B

par | 18 septembre 2025

Tube de prélèvement pour biopsie liquide

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Une analyse multi-centrée a démontré que l’ADN tumoral circulant (ADNtc) peut servir de biomarqueur sensible permettant de détecter la maladie résiduelle après un traitement de première ligne contre le lymphome à grandes cellules B.

Cette étude publiée dans le Journal of Clinical Oncology a analysé des échantillons de plasma provenant de 137 patients sélectionnés parmi cinq essais prospectifs, à la suite d’un traitement de première ligne contre le lymphome à grandes cellules B. Les patients ont reçu une chimio-immunothérapie, l’anthracycline, avec des protocoles incorporant des agents additionnels, tels que l’acalabrutinib ou le tafasitamab. Les variants spécifiques de la phase tumorale ont été identifiés parmi les échantillons avant traitement et l’ADN tumoral circulant a été utilisé pour le suivi de 409 spécimens de plasma pendant et après la thérapie.

ADNtc : évolutions moins bonnes

À la fin du traitement, l’ADN tumoral circulant s’est avéré indétectable chez 78% des patients. La présence de cet ADN tumoral circulant à la fin de la thérapie a, de fait, été associé avec des évolutions significativement moins bonnes. En effet, la survie sans progression à deux  ans n’était que de 29% chez les patients présentant de l’ADN tumoral circulant, un taux bien inférieur comparé à celui de 97% de survie chez les patients pour lesquels les chercheurs ne détectaient pas d’ADN tumoral circulant.

Dès lors que l’on compare ce critère de réponse à celui de la tomographie par émission de positons, (TEP), il s’avère que la détection par ADN tumoral circulant s’avère d’une meilleure utilité pronostique. Et ainsi, parmi les patients présentant des PET scans négatifs, le statut de l’ADNtc demeure davantage prédictif d’un risque de rechute. Les chiffres sont parlants : les patients ayant un ADN tumoral circulant indétectable et un PET scan négatif montrent une survie sans progression à deux ans de 98%, alors que ceux chez qui de l’ADN tumoral circulant a été détecté en dépit d’un PET scan négatif montrent une survie sans progression à deux ans de 31%.

Détection précoce d’une rechute

Le test d’ADN tumoral circulant utilisé dans cette étude est le PhasED-Seq, une technologie de biopsie liquide qui détecte l’ADN tumoral circulant à des niveaux inférieurs à une partie par million. Cette sensibilité a pour conséquence de rendre possible la détection précoce d’une rechute moléculaire, en particulier dans les cas montrant une progression jusqu’à 18 mois après la thérapie.

Si cette étude présente des limites, parmi lesquelles un suivi relativement faible des événements de rechute tardive, les auteurs notent que des essais cliniques en cours visent à rechercher l’utilité d’une intensification ou à l’inverse d’une désescalade thérapeutiques guidées par l’ADN tumoral circulant pour les lymphomes de type B à grandes cellules.

Source : « ctDNA outperforms PET/CT for remission assessment ». 09/02/2025. The Pathologist. Retrouvez de nombreuses actualités scientifiques dans Anapath mag 2 très bientôt !