SFP : « Transmission, ouverture et continuité »

par | 1 avril 2026

Arnaud Uguen

Arnaud Uguen, nouveau président de la SFP lors de la JIAP 2026

@S_Hoguin

Arnaud Uguen, le nouveau président de la SFP, nous a accordé quelques minutes à la fin de la JIAP 2026 pour nous confier les grandes orientations de la société savante pour son mandat.

Comment êtes-vous arrivé à ce poste de président ?

La SFP est une vieille dame stable. J’y suis actif depuis plusieurs années avec une prise de responsabilité progressive. De manière très traditionnelle, le secrétaire général se présente au poste de président quand celui-ci se retire. C’est donc ainsi et tout naturellement que je me suis présenté et ai été élu président pour remplacer Sophie Prévot. Mon mandat s’inscrit dans la continuité des actions et du fonctionnement de mes prédécesseurs. Le fonctionnement collégial de la société favorise cette stabilité et la construction d’actions pérennes qui se nourrissent des expériences passées.

Quels sont les grands chantiers de la SFP pour l’année à venir ?

Nous avons déjà entamé notre travail sur trois sujets principaux qui font le cœur de l’action de la SFP :
– l’offre de formation continue, qui devrait s’étoffer cette année, puisque nous travaillons déjà sur plusieurs pistes et demandes qui nous ont été remontées ;
– le maintien de la JIAP, puisque cette édition 2026, qui faisait office de test de confiance, est une belle réussite (nous lançons dès maintenant la préparation de l’édition 2027) ;
– et, bien sûr, Carrefour Pathologie 2026, dont la formule qui fonctionne bien est maintenue avec l’ambition de donner encore plus d’espace pour les internes et les rencontres entre les différents acteurs de notre spécialité, au croisement des actualités de recherche, d’innovation et du soin.

Vous évoquez les internes et la formation continue. Quels sont les défis qui s’annoncent sur ces deux sujets ?

La transmission des savoirs. C’est un enjeu crucial qui a toujours été au cœur de notre action. La transmission verticale, bien sûr, entre les seniors et les juniors, mais aussi, aujourd’hui plus que jamais avec l’arrivée de nouvelles technologies et de l’IA, la transmission horizontale, entre pairs. En effet, il y a cette nouveauté que certains « jeunes » arrivent avec des connaissances et des compétences que les plus anciens « n’ont pas », comme la gestion des données, la maîtrise et les risques autour de la conception et l’utilisation des algorithmes, etc. Potentiellement, cela implique des changements de paradigmes pour notre profession qu’il faut accompagner. Cela se traduit déjà à travers nos publications et l’orientation des congrès, et ne pourra que devenir plus prégnant dans les années à venir.

Vous parlez aussi d’ouverture et de rencontres. Cela s’inscrit-il dans un cadre européen ?

Oui, tout à fait ! Nous sommes conscients que la communauté des pathologistes français n’est pas encore assez représentée en Europe et travaillons à changer cette situation. Cela passe, par exemple, par la possibilité d’une double adhésion SFP/ESP [N.D.L.R. European society of Pathology] et un soutien pour l’accès aux congrès européens avec la mise en place de bourses pour ceux qui veulent communiquer aux congrès européens : l’European Congress of Digital Pathology (ECDP) et l’European Congress of Pathology (ECP).

De nombreuses associations et sociétés savantes peinent aujourd’hui à recruter de nouvelles forces vives. Qu’en est-il pour la SFP ?

Même si certaines périodes sont plus ou moins fastes en la matière, le renouvellement n’est pas un réel problème pour la SFP. Il se fait assez naturellement, souvent par cooptation des plus jeunes par de plus anciens. La communauté des anapaths étant assez restreinte et les échanges entre nous bien développés, cela se fait assez naturellement. Mais nous sommes toujours preneurs de toutes les bonnes volontés et idées nouvelles ! Donc, avis aux volontaires : contactez-nous !

Repères sur la Société Française de Pathologie (SFP)

La SFP sous a forme actuelle est en fait assez récente (octobre 2023), puisqu’elle est née de la séparation des deux sections de la Société d’anatomie normale et pathologique. Elle réunit les pathologistes de tout mode d’exercice et a pour mission l’étude, l’enseignement et la promotion de l’anatomie et de la cytologie pathologiques.

Fin 2024, la SFP comprenait 1 152 adhérents (membres, juniors et honoraires).

Elle se compose d’un bureau au sein d’un conseil d’administration constitué de 14 membres élus, renouvelables pour moitié tous les 2 ans.