Nelly Pirot – AFH : « Les nouvelles technologies d’imagerie en histologie s’appuient en amont, sur les techniques traditionnelles qui doivent rester solides »
Nelly Pirot, ingénieure de recherche Inserm et responsable de la plateforme RHEM. @DR
Nelly Pirot, ingénieur de recherche Inserm et responsable opérationnelle de la plateforme RHEM (Réseau d’Histologie Expérimentale de Montpellier), a accepté d’organiser le congrès 2026 de l’Association Française d’Histotechnologie (AFH) qui s’ouvre à Nîmes ce 10 juin. Elle nous livre ici ses motivations, la vision de cette édition et des évolutions des techniques d’histologie.
Après votre thèse, vous choisissez de postuler à un poste d’ingénieur de recherche pour la création d’une plateforme d’histologie, pourquoi ce choix ?
Lors de ma thèse j’ai effectué beaucoup de techniques d’histologie et d’imagerie appliquées à des modèles murins pour la recherche en angiogenèse et cancérologie. Ce poste d’IR était une opportunité de prolonger les compétences que j’avais acquises, de les approfondir et de les partager ! Il représentait aussi un beau défi, car en 2009 ce type de plateforme dédiée à l’histologie et mettant à disposition des moyens techniques et humains pour la recherche académique et les entreprises privées, était nouveau sur Montpellier.
Vous avez pris en charge l’organisation locale de cette édition 2026 du congrès de l’AFH. Comment avez-vous connu l’association ?
Mon rôle au sein de la plateforme comprend aussi une partie dédiée à l’animation scientifique. Lors de ma prise de fonction en 2009, j’ai donc cherché tout de suite à connaître les autres acteurs de l’histotechnologie. C’est ainsi que j’ai connu l’AFH au sein de laquelle j’ai pu rencontrer des profils variés de techniciens, ingénieurs ou chercheurs de toutes disciplines, de belles occasions de gagner en compétence, de réseauter dans une ambiance constructive et amicale. Aussi, quand Nathalie Accart, la présidente actuelle de l’AFH, m’a proposé d’organiser ce congrès, je n’ai pas hésité longtemps ! Car si c’est toujours un challenge d’organiser un tel événement puisqu’aucun temps dédié n’est réellement prévu, c’est aussi une occasion unique de valoriser les projets des doctorants et chercheurs avec lesquels nous travaillons au quotidien depuis des années (ou presque 20 ans).
Pourquoi le choix de Nîmes ?
La faculté de Médecine de l’Université de Montpellier-Nîmes est aujourd’hui une seule et même Université, UM1. La ville de Nîmes dispose d’un palais des congrès tout neuf, inauguré en novembre 2025, proposant à la fois des espaces de conférence et d’exposition plutôt difficiles à trouver à Montpellier aux dates souhaitées. Le cadre est vraiment magnifique et c’est l’occasion de tester ce nouveau palais des congrès, facilement accessible depuis la gare … Toute l’équipe organisatrice du RHEM est tombée sous le charme !
Comment avez-vous concocté le programme scientifique ?
Nous avons la chance à Montpellier, avec la plateforme RHEM, d’être en contact avec des chercheurs de nombreux horizons, nous nous sommes donc appuyés sur ce réseau. Il permet de faire découvrir à tous les congressistes les apports et les applications possibles des nouvelles technologies de biologie spatiale ou encore de la microscopie à expansion ou à feuille de lumière. Mais, j’ai aussi tenu, à ce qu’il y ait une session « troubleshooting » sur les techniques de base en histologie, car les technologies récentes nécessitent qu’en amont les lames et les préparations soient bien maîtrisées. Les deux se complètent et la deuxième ne fonctionne pas sans la première. Nous avons aussi voulu un programme avec des tables rondes qui donnent l’occasion d’échanger sur des problématiques plus larges sur lesquelles nous partageons moins habituellement.
Quels sont les thèmes de ces tables rondes ?
Ces deux tables rondes abordent des sujets d’actualité. D’une part celle du risque biologique et notamment des prion-like dans le cas par exemple des tissus issus de modèle d’Alzheimer. C’est un risque qu’il ne faut pas minimiser et qui est encore peu connu. D’autre part nous allons pouvoir échanger sur les SGL (Solution de Gestion de Laboratoire ou Lims pour Laboratory Information Management System) qui représentent un enjeu d’avenir important pour les plateformes comme les nôtres. En effet, il faut savoir que nous stockons à peu près 100 000 blocs en archive : c’est une richesse incroyable que nous voulons pouvoir partager et valoriser. Pour cela nous avons besoin d’avoir un système d’enregistrement et de traçabilité standardisé. Nous avons commencé ce travail et nous avions mis à disposition à des chercheurs un premier portail, Biological Tissue Collection, permettant d’accéder à cette banque d’archives de blocs et de lames. La prochaine version, refondue et complétée, verra le jour en 2027. Les enjeux de cette banque de tissus sont 1) de limiter le recours aux expérimentations animales en utilisant ce qui existe déjà, et 2) de faire gagner du temps et de l’argent aux chercheurs avec des préparations déjà à disposition.
Selon vous, comment pourrait-on améliorer encore le partage et l’animation en histotechnologie ?
Au niveau de la recherche, les différentes plateformes locales existantes jouent des rôles essentiels au niveau régional, mais je pense que l’on pourrait gagner aussi avec une articulation des plateformes au niveau national. Elle pourrait se faire au sein d’un réseau dédié ou du réseau FBI (France Bio Imaging) par exemple. D’autant que certaines plateformes en font déjà partie et que l’histologie est une discipline d’analyse d’images.
Cela donnerait aussi une ouverture à l’international, dimension qui infuse déjà régulièrement au sein de l’AFH dont le congrès accueille régulièrement des participants d’autres pays francophones (Belgique, Suisse, Maghreb) et cette année la responsable technique de la plateforme d’histologie HORBITUS de l’université de Sherbrooke (Québec).
Le Congrès 2026 en faits et en chiffres
- près de 150 participants
- 30 partenaires sur l’exposition
- Une expo photo « La vie est belle !»
- Un concours photo, un quiz et des animations et démonstrations
- Un cocktail dînatoire et une soirée de gala dans une manade.


