Découvrez la richesse de l’Atlas anatomoclinique en ophtalmologie

par | 20 Avr 2025

Article d’Agnès Bourahla-Farine

couverture de l'ouvrage Atlas d'anatomoclinique en ophtalmologie

Couverture de l'ouvrage

Le but de cet ouvrage ? Présenter un panorama exhaustif des connaissances les plus récentes concernant les pathologies oculaires et orbitaires.

Publié en 2024 aux éditions Elsevier, l’Atlas anatomoclinique en ophtalmologie a été écrit par le docteur Marc Putterman, médecin pathologiste, Président d’Unilabs Pathologie Paris.

L’approche particulière de l’ouvrage est sa division en une partie consacrée aux pathologies de l’adulte et l’autre à celles de l’enfant.

« Entre la collecte des données, l’écriture et la révision, j’ai écrit mon Atlas sur une période de 18 mois », indique le Dr Marc Putterman. Spécialiste de l’anatomopathologie oculo-orbitaire depuis plus de 30 ans, il a acquis son expérience au sein d’établissements hospitaliers tels que l’AP-HM Necker Enfants malades, l’hôpital national des Quinze-Vingts ou encore l’hôpital de la Fondation Rothschild, ainsi qu’en Suisse et en Suède, et dans le secteur libéral à Paris. « Cet ouvrage pratique est riche en illustrations, il en compte environ 600 ! Il est destiné tant aux pathologistes ophtalmologistes et onco-ophtalmologistes expérimentés qu’aux jeunes praticiens curieux de découvrir cette spécialité », souligne l’auteur, qui espère également que le livre puisse encourager des médecins à intégrer et développer cette pathologie au sein de leur service. Lui-même a choisi cette spécialité au fil des circonstances et des rencontres…

L’anatomopathologie oculaire,  une hyper spécialité

Marc Putterman rappelle que l’œil est un organe complexe. En effet, il présente des structures tissulaires spécifiques : la cornée, la rétine, la choroïde, le nerf optique, notamment. « La pathologie oculo-orbitaire est restée marginale dans les services hospitaliers ou les cabinets libéraux. Elle est pourtant fondamentale, que ce soit pour le pathologiste ou pour l’ophtalmologiste », fait remarquer le Dr Putterman. L’anatomo-pathologie oculaire est ainsi une hyper spécialité qui compte relativement peu de pathologistes se consacrant entièrement à ce domaine. Pour Marc Putterman, cela représente une partie importante de son travail au quotidien. Il examine ainsi des lames de patients provenant d’Ile-de-France, mais également de toute la France, parfois même de l’étranger, notamment pour évaluer des cas complexes, pour lesquels un deuxième avis spécialisé est requis. L’atout de la télépathologie est pour lui réel : en effet, elle lui permet de consulter ces lésions oculo-orbitaires à distance, en provenance par exemple de laboratoires suisses, ou encore suédois.

Des pathologies explorées dans le détail

L’Atlas rédigé par le Dr Putterman, dont le tirage initial a été de 1 000 exemplaires, a été publié dans la collection spécialisée en médecine de l’éditeur Elsevier. Il détaille un grand nombre de pathologies, qu’elles soient palpébrales, comme les carcinomes basocellulaires ou sébacés, conjonctivales, comme les naevi, les mélanomes ou les carcinomes, ou encore orbitaires, comme les lymphomes, les métastases ou les tumeurs fibreuses solitaires.

Le livre fournit également maints détails sur les pathologies de la glande lacrymale, en particulier l’adénome pléomorphe ou la maladie associée aux IgG4, sur celles de la voie lacrymale, sans oublier les lésions intraoculaires, par exemple de type cornéennes, avec de possibles dystrophies, des lésions de l’iris ou choroïdiennes.

Il décrit aussi les mélanomes, les pathologies rétiniennes tels que les rétinoblastomes, et enfin les pathologies de type inflammatoire.

Orienter les traitements

« L’interprétation des images histopathologiques doit être corrélé avec le contexte clinique, radiologique ou biologique », indique le Dr Putterman. Ainsi, ces différentes approches diagnostiques permettent de conclure précisément, et d’adapter le traitement. En effet, l’aspect microscopique n’est, seul, pas toujours suffisant : il peut être complété par un diagnostic immunohistochimique, ou de la biologie moléculaire, par exemple. Des procédés qui sont également développés dans l’ouvrage.

En fournissant, comme pour les autres spécialités de pathologie, des informations essentielles sur le type et l’extension de la lésion, l’anatomopathologiste peut influencer directement les décisions thérapeutiques. Ainsi, en ce qui concerne les tumeurs, l’examen des lames permet de déterminer la nature bénigne ou maligne de la tumeur, sa taille, son grade, son potentiel métastatique : on notera par exemple que l’évolution d’un carcinome basocellulaire est de meilleur pronostic qu’un carcinome sébacé ou neuro-endocrine de type Merkel. Il sera également possible d’évaluer la probabilité de récidive locale : ceci va donc orienter le traitement, soit la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie.

En termes de maladies inflammatoires, l’examen histologique peut révéler le caractère infectieux ou, par exemple, la nature inflammatoire spécifique. Ainsi, des granulomes observés dans la sarcoïdose orbitaire ou la tuberculose vont guider le choix des médicaments immunosuppresseurs ou anti-inflammatoires.

Inclusion dans la recherche sur les maladies rares et les RCP

« La connaissance des maladies rares notamment est vraiment importante, en effet, les lésions peuvent s’avérer difficiles à diagnostiquer sans une expertise spécialisée », insiste le Dr Putterman. Tout l’intérêt de son ouvrage est donc d’en détailler avec précision les différentes caractéristiques. L’anatomopathologie est en constante évolution, ce qui permet désormais de prescrire des traitements en fonction du phénotype individuel de chaque tumeur. En outre, Marc Putterman rappelle également qu’en ce qui concerne les lymphomes, sarcomes, mésothéliomes et tumeurs neuroendocrines rares, l’INCa a instauré une double lecture systématisée par des réseaux de référence anatomopathologiques. Il participe aux RCP permettant une meilleure prise en charge des patients.

Le dernier ouvrage récent en termes d’anatomopathologie oculaire en français datait de plus de 40 ans

et s’il existe d’autres atlas, ils sont en langue anglaise. Le Dr Putterman a tenu notamment à séparer les pathologies des adultes de celles des enfants, en raison de leurs spécificités. Par exemple, les enfants présentent des rétinoblastomes qui leur sont très spécifiques, de même que certaines tumeurs malignes sont propres à l’adulte comme celles du mélanome de la choroïde. Cet ouvrage de référence pourra être réimprimé en fonction de la demande, notamment auprès des institutions médicales et des bibliothèques universitaires. Un incontournable, pour une vision précise et documentée de la pathologie oculo-orbitaire.

Référence

Marc Putterman. Atlas anatomoclinique en ophtalmologie. Octobre 2024. Elsevier Masson.